Journal de bord de Sunpiper

Les voyages à bord de Sunpiper peuvent prendre toutes les formes. En voici un échantillon

Regarde en l'air

November 20, 2019

Tous les yeux sont rivés sous le célèbre «  Golden Gate Bridge ». Nous sommes galvanisés de passer sous cette parfaite icône alors que Sunpiper s'apprête à mettre les voiles pour s'envoler vers le sud. Tout à coup, le bruit d'une brève respiration attire notre attention côté bâbord. Tout le bateau est bientôt entouré de nageoires de marsouins, jouant plein d'énergie dans le sillage de Sunpiper. Une frénésie d'oiseaux affamés attire notre attention plus haut dans le ciel. Nous suivons des yeux le groupe d'oiseaux aquatiques qui plongent, volent et rivalisent farouchement pour pêcher une gorgée de poisson. Comme prévu, le dos colossal d'une baleine à bosse déchire la surface. Tout le monde est sur le pont maintenant stimulé par le cri d'enthousiasme qui s'échappe de mes lèvres "BALEINE!"

Les voiles sont larguées et nous filons à 5 noeuds en laissant derrière nous la baie protégée de San Francisco et ses oiseaux frénétiques. En avant de nous se dessine notre premier coucher de soleil en toile de fond d'un océan Pacifique sans fin. Il ne faut pas longtemps avant de nous retrouver nichés dans le roulis régulier de la houle. Je regarde autour de moi. Personne encore ne se plaint de nausée, mais une teinte verdâtre envahit tous les visages de l'équipage. Personne ne salive aux effluves du ragoût de lentilles qui émanent de la cuisine, au contraire les visages se marquent de désagréables teintes vert sombre. Alison émerge des cuisines, déclarant que le dîner est prêt, mais elle n'y participe pas. En fait, personne n’est séduit par cette offre, sauf moi.

Je vais plus tard regretter amèrement ce geste trop ambitieux de manger alors que mon corps ne s'est pas encore acclimaté à la mer agitée. Il ne nous a pas fallu un, ni deux, mais trois jours avant que nous puissions tous confortablement prendre un repas ensemble dans le cockpit. Nous prétendons alors manger les meilleures pâtes jamais cuisinées. Les jours précédents, les membres de l’équipage déclarent également avoir mangé les meilleures barres de céréales et les meilleurs craquelins au monde, car ce sont les seules choses que leur corps n'ait pas rejetées.

Malgré le peu de nourriture consommée au cours des premiers jours en mer, nos voiles sont toujours pleines et les veillées de nuit se passent sous les étoiles dansant autour de la Voie lactée. Durant la journée, l'équipage se repose, calme, à l'abri de Sunpiper. C'est une pensée rassurante que Sunpiper a déjà emprunté cette route précédemment. La sensation étrange de ne pas voir la terre ne nous est pas familière, mais savoir qu'elle l'est pour Sunpiper nous permet de dormir plus sereinement.

Notre premier arrêt est sensé être les "Channel Islands": une chaîne de 8 îles formées il y a 14 millions d'années, ce qui laisse suffisamment de temps pour héberger à la fois des espèces et des sous-espèces endémiques, ainsi que 150 espèces de plantes, connues uniquement de ces îles. La première île à notre portée est San Miguel. Son extrémité nord est frappée par la lumière dorée du soir et ses hautes falaises nous regardent. Nous sommes muets d'étonnement alors que nos yeux scrutent les falaises, remplies de minuscules alcôves et arches, idéales à la nidification des oiseaux. C'est l'occasion d'en faire la visite pour ce premier ancrage attendu depuis longtemps. Quelques bateaux sont déjà à l'abri quand nous jetons l'ancre. Au début tous nos sens sont exacerbés: le goût de la terre, l'odeur du varech, nos yeux qui embrassent les contours de l'île et puis le bruit des... phoques... lions de mer... NON! C'est l'aboiement des éléphants de mer qui emplit nos oreilles. Plus d'une douzaine d'entre eux sont étendus sur la plage de sable devant nous. Deux autres s'affrontent et se menacent en position debout. Ils balancent leur énorme cou bulbeux l'un contre l'autre en grognant avec agressivité. Quelques spectateurs endormis lèvent légèrement la tête et grommellent comme s'ils étaient ennuyés que leur sieste du soir soit perturbée.

Tout le monde est fasciné par la quantité de vie qui nous entoure: des bancs de poissons chassés par des phoques, des pélicans et oiseaux de mer de toutes sortes, plongeant en piqué, des éructations d'éléphants de mer. Nous observons tout ce bourdonnement autour de nous, jusqu'à ce qu'il fasse trop sombre et que nos paupières soient trop lourdes. Alors chacun se traine jusqu'à sa couchette pour une nuit complète de sommeil. Ce n'est pas aux aurores, mais dans la matinée que tout le monde sort explorer. Notre fidèle Zodiac qui a reçu récemment le fameux nom de "Zazu" est prêt à rendre service. Nous le mettons à l'eau et il se remplit de corps impatients de mettre le pied à terre. Le kayak et la planche de surf sont également mis à l'eau. La flottille rame vigoureusement vers les vagues qui déferlent sur le rivage. Nous réalisons en approchant que l'accostage va demander quelques compétences, habiletés que je n'ai certainement pas, car je reçois une vague de côté qui me fait chavirer. Je me redresse trempée et couverte de sable. Le sable sous les pieds provoque une agréable sensation de bienvenue à tout le monde.Il en faut peu pour que tout le monde s'amuse à draper des boas de varech ses épaules, à creuser dans le sable et à admirer d'étranges plantes grasses accrochées en rubans contre aux parois rocheuses.

Au bout de la plage, nous commençons l'ascension. En bordure du sentier, nous nous arrêtons souvent pour observer d’étranges plantes grasses ou autres plantes non identifiables. Nous remarquons une plante étrange, que Léo surnomme «bras de bébé». On dirait vraiment que des bras de bébé bien potelés sont en train de s'agripper à une touffe de végétation desséchée.

 

Puis de petites traces attirent notre attention et nous commençons à disserter sur l'origine animale de ces traces. Soudain, Léo se retourne brusquement et nous fait taire. Le manteau auburn d'un renard brille contre l'herbe séchée. Ses oreilles se tournent dans notre direction, mais son attention se porte plus loin en avant. Nous l'observons alors qu'il mène sa traque avec précaution puis bondit! Il apparaît victorieux la bouche pleine de musaraignes. Nous nous regardons les uns les autres, les yeux grands ouverts et la bouche bée.

 

 

 

Nous grimpons le flanc de la colline jusqu'à ce que le vent apporte une brise puis nous décidons de redescendre.En bas, toute une section de plage inexplorée nous attend encore. Nous parcourons le rivage, jonché de coquillages, de plumes et d'os. Les trous d'eau remplis d'oursins, de moules et de « pouce-pieds » ou « gooseneck barnacles » en anglais, sont de petits coffres au trésor. La tête enfouie dans les découvertes du rivage, nous ne remarquons pas que Léo s’est égaré dans les dunes. Il revient vers nous en brandissant des choses aussi grandes que sa tête. Des ormeaux! Le plus gros ormeau que nous ayons jamais vu, plus gros que tous ceux que nous imaginions.

"Et il y en a des montagnes!" Halète Léo.

Nous allons jeter un oeil à ce trésor de coquillages que Léo a trouvé. Des couches d'os et de coquillages nous font tourner la tête.

La magie de San Miguel a commencé au moment où nous avons abordé sur son rivage sablonneux. Notre journée est composée de découvertes qui nous laissent perplexes, de vues qui nous font briller les yeux et de moments indescriptibles. Nous ne savions pas qu'une seule île pouvait rassembler autant de découvertes, mais nous parcourons ses plages, et ses sentiers et nous ouvrons nos horizons.

March 26, 2016

Croisière inaugurale de Sunpiper. Pour cette première croisière, nous avons mis les voiles à partir de Heriot Bay sur l’ile de Quadra et visité Gorge Harbour sur notre chemin pour Teakerne Arm via le Sutil Channel. Craintif à l'idée de hisser les voiles, l'équipage a déambulé le long des iles Penn, navigant à 5 noeuds avec une brise de 10 noeuds! Les novices se sont relayés pour grimper au mat, curieux de voir ce que le monde avait à offrir à 50 pieds ( 15,24 mètres) au-dessus de l'eau. Alors que nous nous engagions dans le chenal de Lewis, nous avons été surpris par un vent de face soufflant en rafales. L'équipage a pratiqué la descente des voiles et nous avons continué au moteur. À notre arrivée à Teakerne Arm, le Prowler 2 nous attendait à l'ancre. Nous avons exploré la côte, ses cascades et ses lacs. Les deux jours suivants, dans un printemps naissant, l'équipage a monté et descendu les voiles explorant le Désolation Sound.

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To young men contemplating a voyage I would say go.- Joshua Slocum